• Zadi Zaourou

  • Leopold Sedar Senghor

    "Nul n'a le droit d'effacer ma culture,car une communauté sans culture est un peuple sans être humains"

  • Frederic Titinga Pacere

    "Si une termitière vit, c’est qu’elle ajoute de la terre à la terre"

  • Edouard Glissant

    "Le poète achemine la connaissance du monde dans son épaisseur et sa durée, l'envers lumineux de l'histoire qui a l'homme pour seul témoin."

  • Pierre Bourdieu

    "Le sociologue rompt le cercle enchanté en essayant de faire savoir ce que l'univers du savoir ne veut pas savoir, notamment sur lui-même.”

  • Michel Foucault

    "De l'homme à l'homme vrai, le chemin passe par l'homme fou."

Collusion entre spiritualité et le discours politique dans arrow of god de Chinua Achebe : Richmond Jean-Baptiste Gnoléba MADOU

Cet article traite dans Arrow of God de Chinua Achebe des collusions répétitives entre la politique et le discours émanant de la pratique du rite. Il affiche pour quête principale l’exploitation à dessein du statut de guide spirituel au profit de projet personnel par le personnage Ezeulu. À l’aide de l’analyse sémiotique narrative et pragmatique des comportements langagiers, Arrow of God permet de spécifier les mécanismes d’imbrications des types de discours meublant les interactions dans l’oeuvre d’Achebe. L’évocation dans et par les articulations de cette étude de phénomènes linguistiques et de l’expérience émotionnelle à travers Arrow of God, établit l’omniprésence dans les comportements langagiers du discours politique. En somme, cet article souscrit à la nécessité d’accentuer les critères d’identifications plus accentués du discours d’inspiration politique dans ceux provenant de la pratique du rite.

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Interférence lexicale agni / français dans la carte d’identité : une approche énonciative et pragmatique : Kouassi Germain KOUADIO

Les procédés de création lexicale en français sont bien connus : la dérivation, la composition, l’emprunt, la siglaison, l’abréviation, la troncation, le néologisme. J.-M. Adiaffi, dans La Carte d’identité, excelle par l’emprunt au répertoire lexical agni pour enrichir sa narration et rendre compte des réalités socioculturelles difficiles à exprimer par des mots français. Ces mots agni ont la particularité de s’intégrer harmonieusement dans les constructions phrastiques en français au point de donner à l’énonciation une coloration n’zassa1. Toutefois, l’analyse morphosyntaxique de ces mots montre que la formation du mot agni utilise les mêmes procédés de création de mots sus indiqués. De la sorte, Adiaffi revendique la richesse de sa langue maternelle – et au-delà son patrimoine culturel – qui a toutes les propriétés morphosyntaxiques et sémantiques d’une langue vivante au même titre que la langue du colonisateur, le français.

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Le langage de la brièveté dans le méridional d’henri lopes. Du renouvellement du discours romanesque à la pratique brachylogique : COULIBALY Lassina

Dans le roman Le Méridional d’Henri Lopes, la brièveté du discours des personnages identifiables par l’emploi d’expressions comparativement courtes, a une résonnance brachylogique puisque ceux-ci utilisent peu de mots pour exprimer l’essentiel de leurs idées. Ce « phénomène » constaté çà et là dans le roman et qui est très perceptible dans le conversationnel, s’inscrit dans la temporalité qui est marquée par la nécessité ou l’« impératif » de faire (une action) ou de dire (une parole) vite mais dans un court délai. De fait, dans l’écriture de son texte, cette « exigence » des temps modernes qui a une incidence sur la marge de liberté d’expression que se donne le romancier, modifie les pratiques discursives de même que la narration du récit du périple du Méridional. Elle favorise en outre, l’émergence de « nouveaux » discours qui ont une incidence sur la pratique conversationnelle dans l’univers fictif. Cet article analyse à la lumière de l’essai de Gérard Dessons,1 et de la poétique du bref d'Alain Montandon,2 le langage de la brièveté dans Le Méridional comme d’une part, une esthétique romanesque et une modalité d’écriture qui reflètent la société d’aujourd’hui caractérisée par le gain du temps et d’autre part, un vecteur de la satire subtile des sociétés africaines.

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L’analyse du discours littéraire : une théorie du contexte sociologique africain : Daouda COULIBALY

L’analyse du discours littéraire est née, dans les années 1990, à partir des travaux de Dominique Maingueneau. Cette théorie résout la problématique qui s’est forgée au fil des époques entre les disciplines d’obédiences structuralistes et celles issues de l’histoire littéraire et/ou de la sociologie de la littérature. Dans ce rapport conflictuel, entre les approches structuralistes et sociologiques, l’analyse du discours occupe une place médiane. Elle se présente comme une approche hétérogène. Elle est au carrefour des sciences du langage et de la sociologie des champs. Il s’agit des théories de l’énonciation, de la linguistique textuelle, de la pragmatique qui recoupent en certains aspects le dialogisme, la polyphonie et la sociologie de la littérature. Par ces caractéristiques, l’analyse du discours constitue une approche flexible pour mettre au jour la dimension sociologique et esthétique de la création verbale africaine.

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The human body between linguistic experimentation and cultural meaning in g. Okara’s the voice : Klohinlwélé KONE

Cette étude explore l’effort de l’écrivain nigerian G.Okara d’indigéniser la langue anglaise au moyen de la translitération de la langue ijaw dans la langue qu’est l’anglais. L’écrivain réussit à atteindre son but par un récours récurent aux organes du corps comme les yeux, les oreilles, les pieds, le for intérieur (inside), la corde ombilicale. Cette utilisation des parties du corps humain devient ainsi un artifice artistique de transmettre une vision spirituelle particulière d’un groupe humain donné telle qu’elle apparait à travers les péripéties de vie des personnages du récit. Le corps littéraire sert un but satirique et est un moyen de véhiculer une vision culturelle du monde d’une société postcoloniale africaine.

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Dire le malaise interracial en Amerique du nord dans poor boy’s game, un film de Clement Virgo. Notes sur le racisme antinoir au Canada : Siendou Konate

Le racisme est un tabou bien gardé au Canada. En effet, le Canadien ne le perçoit que chez son frère du Nord, les Etats-Unis. En 2007 avec l’œuvre cinématographique, Poor Boy’s Game, le Jamaïco-Canadien, Clément Virgo choisit de se pencher sur l’épineuse question du multiculturalisme canadien qui est en réalité un projet visant à créer une société où la culture blanche ainsi que les privilèges y afférents, soient les seuls qui valent la peine d’être célébrés. Virgo montre que dans le subconscient et l’histoire du Canada francophone comme anglophone ; le racisme, aussi bien institutionnalisé que subtil, est perceptible dans les lois et les comportements de tous les jours. La victime est la « personne de couleur », cet individu dont le pigment se remarque par le grand taux de mélanine. A la faveur du BLM (Black Lives Matter), cette étude se propose d’analyser ce film en essayant de répondre aux questions suivantes : Pourquoi Poor Boy’s Game au 21ième siècle à une époque où l’on croit que le racisme n’est plus d’actualité au Canada ? Quel rapport cet état de fait a-t-il à avoir avec les Etats-Unis où les questions de la race et du racisme sont toutes aussi présentes et non suffisamment prises en charge par les pouvoirs publics ?

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Le témoignage littéraire numérique et imprime « de la femme tutsi rwandaise ». Ethos du traumatisme psychique : Raoul TIE

Cette étude s’inscrit dans une perspective de genre par le prisme des constructions discursives des femmes rescapées Tutsi rwandaises et met en dialogue les productions testimoniales numériques et imprimées thématisant le génocide. Elle a pour ambition de souligner à partir des œuvres testimoniales numérisées : On n’oubliera jamais rien de Marie-José Gicali (2019) ; L’innomable.Agahomamunwa.Un récit du génocide des tutsi, de Adélaïde Mukatabana (2016) ; Même Dieu ne veut pas s’en mêler de Annick Kayitesi-Jozan (2017) et des témoignages littéraires imprimés : SurVivantes:Rwanda,histoire d’un génocide d’Esther Mujawayo (2004), La mort ne veut pas de moi (1997) de Yolande Mukagasana, les troubles psychiques qui marque la vie mentales des mères Tutsi rwandaises. Elle vise, par ailleurs, à interroger le parcours des de ces survivantes dans une temporalité collective et singulière durant les massacres. Perspective qui participe à la structuration de l’histoire et de la mémoire sur l’évènement. Bien qu’Hayden White (2017), inspiré par la déconstruction des faits historiques que tient Roland Barthes dans « Le discours de l’histoire » (1984) récuse l’objectivité de l’histoire. Cette narration du fait historique dans les récits testimoniaux numériques et imprimés sort l’écriture des survivantes des espaces habituels où il est mis en perspective comme stèle pour les disparus, territoire du deuil, pour l’exiler dans les lieux du traumatisme psychique.

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Abjection et crainte dans le mal de mer de Marie Darrieussecq : AKA Adjé Justin

Il peut paraitre paradoxal dans un environnement fictif exclusivement marin de parler de crainte, d’angoisse et d’abjection. Or, c’est bien de cela qu’il s’agit dans ce récit de Marie Darrieussecq à connotation naturaliste qui donne à lire une certaine socialité perçue négativement. Problème de représentation qui se pose avec acuité dans ce texte où la fonction de l’eau est dévoyée. Cette étude nous permet d’analyser ces déviances à travers l’anthropomorphisme des éléments naturels et un argotisme de l’abjection qui sont perçus comme des menaces indicibles, voire inqualifiables et caractérisent le discours darrieussecquien.

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Des impuretés urbaines chez quelques romanciers africains. Un cas d’esthétique de l’irrationnel dans temps de chien de Patrice Nganang : Eldad SANGARE

Les impuretés urbaines actuelles représentées dans les productions littéraires francophones sont la conséquence des crises d’inconscience survenant quand l’homo-sapiens transgresse les règles environnementales préétablies. Les écrivains africains, en général, et ceux du Cameroun, en particulier construisent une esthétique de l’irrationnel dans leurs œuvres. Ainsi, la prose africaine d’expression française s’illustre en restituant un milieu environnemental souillé, dégradé, perverti et transgressé par des gestes antiécologiques de certains personnages africains en rupture avec les valeurs écologiques en milieu urbain. Le caractère éco-irresponsable de ces personnages pose donc le problème de la gestion du patrimoine urbain africain, à l’image de l’espace urbain camerounais transposé en littérature. En d’autres termes, comment la perte de la conscience écologique est-elle représentée dans l’imaginaire africain ? Dans quelle perspective pervertir un espace urbain relève d’une transgression de la raison ? Sous cet angle cognitif, la déchéance morale de certains personnages africains traduirait un degré de perversion des espaces urbains de l’imaginaire écologique du toponyme Cameroun. Par une démarche comparatiste -relation de la littérature à l’écologie-, il s’agit de saisir l’émergence d’une esthétique de l’irrationnel dans l’espace urbain africain. A partir de l’écocritique (Alain Suberchicot et Gabriel Vignola) et des travaux sur l’irrationnel de Colette Audry, l’objectif de cette contribution est de démontrer que Temps de chien de Patrice Nganang projette des personnages anticonformistes et irrationnels qui pervertissent l’espace urbain africain.

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Stylistique sérielle et expressivité émotionnelle dans chants d’ombre de Léopold Sédar Senghor : Ehui Jean Marius

L’analyse des émotions dans le domaine des sciences du langage connaît un regain d’intérêt. En stylistique, peu d’études sont consacrées à cette notion. Et pourtant, la diachronie stylistique, de Charles Bally à Georges Molinié, dispose d’un ensemble de connaissances pour nourrir une réflexion sur les émotions dans les pratiques discursives. Cet article propose d’examiner, à partir de la stylistique sérielle, l’expression des émotions dans l’œuvre poétique Chants d’Ombre de Léopold Sedar Senghor. Les modalités linguistiques et stylistiques de l’expressivité émotionnelle seront appréhendées par le biais de la lexie, de la caractérisation et du système figuré. Ces différents postes d’analyse mettront en évidence l’univers émotionnel construit sur le terreau de l’affection, de la passion et du désir. L’expression des émotions dans Chants d’ombre porte le motif de l’amour et révèle une stratégie d’affirmation de l’identité culturelle du poète et une revendication du Moi Noir. En effet, le langage émotionnel laisse apparaître une poétisation de la femme Noire. Les allusions érotico-pornographiques présentant la femme africaine nue sont des métadiscours dont se sert le poète pour valoriser le Noir à partir de la couleur de sa peau. L’expressivité émotionnelle chez Senghor témoigne de son enracinement socio-culturel et de son engagement pour la réhabilitation du Noir.

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